AG CAPEB nationale

AG CAPEB nationale

Chers adhérents,

Vous l’avez peut-être découvert dans les journaux consacrés au monde du bâtiment, la CAPEB démarre son processus de changement de président. Mais connaissez-vous véritablement le fonctionnement de votre organisation professionnelle ?

La CAPEB est une confédération, ce qui signifie qu’elle est formée de l’union des CAPEB départementales indépendantes qui délèguent l’exercice de certaines compétences à des organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines. C’est une organisation plus horizontale que verticale, de type représentative, puisque ce sont bel et bien les artisans, représentés par leur président départemental, qui décident. Ce n’ai pas anodin car, sans cela, les revendications de la CAPEB ne pourraient pas coller aussi étroitement à la réalité du terrain. Pour prendre un exemple concret, notre président, Michel DUMON, durant la crise sanitaire du Covid-19, répondait au téléphone comme tous les membres de l’équipe mobilisée à cette occasion. Cela lui a permis de remonter, comme beaucoup d’autres présidents, vos préoccupations et inquiétudes au national.

La CAPEB est née en 1946 dans le sillage du Conseil national de la Résistance. De cette époque, elle garde son fonctionnement autour des Unions nationales artisanales (UNA) et la volonté de former ses cadres : la démocratie passe par la culture et les connaissances politiques, le citoyen est « celui qui sait ». L’École des cadres reste sa force. Notre président a fait l’école des cadres la même année que Patrick LIÉBUS et, comme nous avons eu l’occasion de le rappeler avec la disparition de notre trésorier, Jean-Luc CAILLEAU, son père était déjà à la CAPEB Gironde avant lui. Il y a véritablement une culture CAPEB, c’est notre ADN, elle doit évoluer, nous ne devons jamais la trahir, sans quoi la CAPEB perdrait son âme.

La crise sanitaire est venue perturber l’AG prévue mi-avril. Le président Patrick LIÉBUS arrive en fin de mandat. Le président est élu pour 3 ans, renouvelables 3 fois. C’est exactement la même situation pour notre président, Michel DUMON. Il avait, quant à lui, annoncé qu’il respecterait scrupuleusement les statuts ; le coronavirus a déjoué ses plans.

Au national, le renouvellement des administrateurs aura lieu aujourd’hui, 24 juin 2020. Le vote se fera de façon dématérialisée. Le 2 juillet, le Conseil d’administration désignera celui qui sera notre représentant national pour les 3 ans à venir. A la CAPEB Gironde, nous attendions l’AG nationale pour emboiter le pas. Plus forts, ensemble !

A suivre…

 

Disparition de Jean-Luc Cailleau

Disparition de Jean-Luc Cailleau

Jean-Luc CAILLEAU, le trésorier de la CAPEB Gironde, nous a quitté le 3 juin 2020.

Bien sûr, nous savions que Jean-Luc avait vécu un burn out, mais depuis quelque temps, il allait bien, et rien ne laissait présager un départ aussi brutal. Lors d’une matinale de la CDFA, il avait témoigné de cette épreuve que peut connaître tout chef d’entreprise : trop de travail, trop de problèmes, des relations qui se dégradent, le sentiment terrible que tout vous échappe…

Au centre de sa vie, ses parents et ses deux femmes, Marilyne, son épouse adorée, et Marion, sa fille, sa perle. La CAPEB était sa deuxième maison. En octobre 2017, lorsque nous avons accompagné Robert GOINAUD, ancien président CAPEB et président du RSI, pour un dernier hommage en l’église Saint-Martial de Bordeaux, Jean-Luc, comme beaucoup d’autres, était, ce jour-là, accompagné de son père, Serges CAILLEAU, lui-même ancien CAPEB. Avec Gilles BIRAUD et Michel DUMON, cela faisait d’eux les gardiens de l’héritage.

On ne peut pas évoquer la mémoire de Jean-Luc sans parler de l’amitié, une amitié sans limite, sans jugement, comme devrait être toute amitié, pour ses amis artisans du Coutradais, du libournais, ou d’ailleurs, son amitié pour notre président Michel DUMON. Ces deux-là s’étaient rencontrés chez un fournisseur commun, ils étaient encore des adolescents lorsqu’ils participèrent à leurs premières réunions CAPEB.

De cette amitié remarquable, de ce même amour pour l’artisanat, il restera bien des combats, des moments de joie et de fête aussi. Jean-Luc, en homme du sud-ouest aimait beaucoup la fête et la convivialité. Cette même convivialité a fait les grandes heures de la section Bois, section dynamique de la CAPEB Gironde, dont il fut le président.

Mais « nul n’est prophète en son pays » : de ce dévouement à l’artisanat, ils n’ont pas toujours été récompensés. C’est à ce moment-là que je les ai rencontrés, avant les élections à la chambre des métiers, où j’ai moi-même découvert le monde de la politique économique : bassesses, trahisons, égos imbéciles, bêtise, il y avait un tel contraste entre l’humanité des deux artisans, le menuisier au grand cœur, et le petit charpentier surdoué, et cet environnement, que je leur ai spontanément proposé mes services.

« A la CAPEB, on ne fait pas de politique, sauf Jean-Luc ! ». Jean-Luc était un passionné, soit il aimait, soit il détestait, d’où cette boutade souvent entendue et qui le faisait beaucoup rire.

Jean-Luc et ses copines ! Isabelle et Marie-Claire, les coiffeuses, Annie de Terreal, Nadège de la CAPEB Creuse, plus récemment Noëlle, notre attachée de développement, qu’il accompagnait bien volontiers sur les foires et les salons, et beaucoup d’autres… Avec le coronavirus, ne plus pouvoir nous faire 4 bises, devait être un véritable déchirement.

A la veille de nous quitter, il est venu dire au-revoir à la CAPEB Gironde, il a regardé une dernière fois les tableaux qu’il a lui-même accrochés aux murs, ses œuvres, puis il est passé à la Maison de la Coiffure pour demander à Isabelle d’en prendre grand soin.

S’il est vrai que la mémoire est sélective, que l’on oublie le mauvais pour ne garder que le bon, Jean-Luc, tu resteras indéfiniment dans ma mémoire.

Véronique LAFITTE
Attachée de Communication CAPEB Gironde

U2P N-A de A à Z

U2P N-A de A à Z

Réunion U2P Nouvelle-Aquitaine de A à Z

Activité partielle : La procédure existait avant la pandémie, un dossier doit avoir été ouvert au préalable auprès de la Direccte. Seul le niveau de prise en charge a changé (90% au lieu de 70%). Il faut continuer à recourir au chômage partiel. L’entreprise doit communiquer mois par mois, le montant des salaires avancés pour en demander le remboursement. Le niveau de prise en charge évoluera au 1er juin.

Apprentissage : L’apprentissage est en danger car les entreprises ne prendront pas le risque et que les besoins en recrutement seront moindre pendant la période. C’est également un problème pour nos centres de formation. La rentrée sera difficile avec une réduction des effectifs. Nous allons devoir nous réinventer. Il y aura un surcoût pour les centres de formation. Il a été proposé d’augmenter la recette par contrat, d’accorder une dotation pour les équipements d’apprentissage à distance et d’allonger la période pour les apprentis sans maître d’apprentissage.

Boulangers : Les boulangers n’ont pas fermé mais ont connu une baisse d’activité qui ne leur donne droit à aucune aide. Ils demandent un effort sur le taux de commission sur les paiements par carte bancaire.

Charges salariales et patronales : L’U2P demande l’exonération pour les entreprises fermées et pour celles qui ont fait zéro chiffre d’affaires. Elle souhaite également l’exonération à la hauteur de la baisse de CA pour celles qui ont fait moins de 50%.

Commissions bancaires : L’U2P et la CGAD ont obtenu que le montant des paiements sans contact soit porté à 50 €. L’U2P souhaite que le taux de commission sur les paiements par carte bancaire soit aligné sur celui accordé à la grande distribution.

Contrats Madelin : L’U2P a obtenu la possibilité de débloquer les contrats Madelin : « Attention, ces sommes étaient initialement destinées à la retraite des artisans, c’est un levier à n’utiliser qu’en dernier recours », dit le président Alain GRISET.

Défaillances : « Trouver pour chaque indépendant la solution à son problème », dira Alain GRISET. Nous mettrons tout en œuvre pour éviter les fermetures.

Détresse psychologique : Une plateforme de 30 psychologues vient d’être mise en place en partenariat avec l’UNA PL. Un premier entretien gratuit et confidentiel de 30 minutes, puis un second de 45 minutes. Téléphone : 09 85 607 727

Fonds de solidarité : Il est accordé à l’entreprise, il est donc défiscalisé. Le niveau 2 du fonds de solidarité est géré par les conseils régionaux. Pour y accéder, il ne faut pas avoir bénéficié du PGE. L’U2P demande la suppression de cette clause et demande qu’il soit accordé aux entreprises jusqu’à 20 salariés et 2 millions de CA.

Matériel de protection : Dans le cadre de Proximéo, la plateforme équivalente à un comité d’entreprises, les entreprises artisanales peuvent trouver du matériel de protection pour protéger salariés et consommateurs à un prix concurrentiel. Il est rappelé les CARSAT régionales par la CPAM accordent des aides aux entreprises qui investissent dans du matériel de protection.

Pertes d’exploitation et assurances : La pandémie exclut le remboursement des pertes d’exploitation. Un nouveau système sera mis en place à l’instar de celui des catastrophes naturelles.

PGE : 450 000 entreprises ont bénéficié du PGE, selon le président GRISET, ce chiffre aurait dû atteindre 600 000. Ce levier (jusqu’à 25% du CA) demande un accord de la banque. Il reste possible de faire appel au médiateur du crédit en cas de refus. Toutes les entreprises doivent l’obtenir, les dossiers peuvent être portés au national pour cela. L’U2P a obtenu l’assurance que le taux, au bout d’un an, ne dépasserait pas le taux de loyer de l’argent : « Nous n’avons pas trop d’inquiétude à ce sujet », déclare le président.

Professions libérales : Les gardes d’enfants doivent être déclarées chaque mois, le fonds de solidarité doit être reconduit pour juin. L’U2P et la CPAM accompagneront les professionnels de santé.

Réouverture des terrasses : L’U2P demande la suppression des taxes sur les terrasses. Alain GRISET invite chacun à se rapprocher des municipalités pour cela : « les municipalités ont ici une possibilité de participer au sauvetage des entreprises de proximité ».

Respect des règles : A la question « y aura t-il des contrôles ? », le président répond : « Oui ». Essentiellement pour les entreprises qui ont utilisé à la fois le chômage partiel et le télétravail.

Responsabilité pénale : La Sénat a voté un amendement afin de protéger les maires et les chefs d’entreprise. Cet amendement a été rejeté par l’Assemblée. L’U2P et ses organisations ont obtenu l’assurance que les employeurs n’aillent pas au pénal à condition que les guides mis en place par les professions soient respectés.

Solidarité : Les médecins et pharmaciens proposent leur aide pour accompagner les artisans et professionnels de proximité dans la gestion du risque sanitaire. Les avocats ne demandent qu’à participer au profit des entreprises. Nos experts comptables restent nos principaux interlocuteurs, se retourner vers eux.

Traiteurs de réception : Le code APE amalgame les traiteurs avec des métiers tels que bouchers ou charcutiers. Cela pose un problème pour identifier les entreprises qui sont exclusivement « traiteur de réception ». Il serait normal que ces entreprises puissent bénéficier du plan « cafés, hôtels, restaurants ». C’est d’autant plus gênant qu’ils ont été les premiers pénalisés avec l’ajournement ou la suppression de toute manifestation par les entreprises avant même le confinement, et qu’ils seront sans doute les derniers à reprendre.

TVA 5,5 : Il a été suggéré d’accorder une TVA à 5,5 pour relancer l’économie. Le président indique que les français ont économisé pendant la crise. Le taux de TVA est un levier qui n’agit que sur le prix, avec une incidence assez faible pour nos entreprises. Il attend davantage du plan de relance qui sera présenté d’ici 2 mois environs.

Zéro recette, zéro prélèvement pour les TPE : Pour le président de l’U2P, les banques et les assurances doivent faire plus pour aider les commerçants, artisans et libéraux.

COVID-19 et document unique

COVID-19 et document unique

COVID-19 : Mettre à jour le document unique

Animée par Michel DUMON et Laurent MARGERIDE de l’OPPBTP

Le président rappelle les péripéties de la rédaction du Guide qui accompagne la reprise des chantiers du bâtiment, le nombre des réunions, les discussions entre les ministères, les organisations professionnelles et les salariés. Selon lui, ce Guide doit permettre de trouver des solutions.

« Suite à la réunion d’hier, avec Marie-Christine RIBEIRO, avocate, et Philippe GAUDRIE, expert-comptable, nous avons pris conscience de la révolution qui s’opère : en deux mois, les choses ont changé comme en 15 ans !  Tous nos schémas, nos modèles économiques deviennent inopérants », dira t-il en introduction.

1. Se former sur le risque Covid-19

Laurent MARGERIDE rappelle que toutes les informations utiles sont rassemblées dans la troisième édition du Guide et dans la boîte à outils qui l’accompagne. Vous le trouverez sur le site de l’OPPBTP ou sur celui de la CAPEB Gironde (cliquez sur l’image ci-contre).

2. Mettre à jour le document unique

« Le document unique n’est jamais fini, il s’adapte en permanence de manière collective. La crise sanitaire impose une mise à jour. Il est vivement conseillé d’impliquer les salariés dans cette démarche, car c’est l’affaire de tout le monde, cela peut également permettre d’améliorer les pratiques de l’entreprise en matière de sécurité. »

La majorité des 24 participants ont créé leur document unique avec la CAPEB Gironde et les outils de l’OPPBTP, rendez-vous donc sur :

https://www.preventionbtp.fr/

Connectez-vous sur votre espace « Mon doc unique » puis « Mettre à jour ».

Vous retrouvez les 3 étapes classiques. Nous allons nous concentrer sur l’étape numéro 3 en priorité : « Ajouter une situation de travail ». C’est là que vous allez ajouter « Gestion du covid-19 », puis validez. Choisir la fréquence par jour, par semaine, par mois en cliquant sur la flèche.

Ajoutez un risque à cette situation de travail : nouveau tableau « Risque santé, agent biologique, niveau maximum », puis validez. En face de chaque risque identifié, indiquez les actions de préventions mise en œuvre.

Exemple : Organiser les déplacements, mesures techniques, les gants, les masques, la formation des salariés… Puis vous évaluez la mise en œuvre.

Terminez l’évaluation et téléchargez votre document unique.

3. Désigner un référent Covid-19

Le Guide dit : « Désigner un référent Covid-19 pour l’entreprise et par chantier, qui peut coordonner les mesures à mettre en œuvre et à faire respecter (par exemple : chef d’entreprise, conjoint-collaborateur, chef de chantier, salarié chargé de prévention) ». L’OPPBTP a tout prévu dans la boîte à outils du Guide. Ci-dessous une vidéo à votre attention car, une fois la personne désignée, il convient de lui donner la compétence nécessaire. L’OPPBTP propose, en outre, des formations de 2h30 destinées aux référents Covid-19.

https://www.preventionbtp.fr/Formation/Formation-professionnelle-continue/Referent-COVID-19

Laurent MARGERIDE rappelle que toutes les informations nécessaires sont accessibles sous forme de 4 fiches. « Rappelez-vous les EPI, il a fallu un peu de temps pour les faire accepter par tous, c’est la même chose avec le masque ! Il faut répéter, il faut insister », dit-il. « Le masque est obligatoire quand on est côte à côte avec un autre salarié, pas tout le temps, car si c’est un calvaire, ça ne marchera pas », précise Michel DUMON.

A propos des chantiers gérés par un coordonnateur SPS

Le plan de prévention est un document établi lorsqu’une entreprise fait appel à une entreprise extérieure pour effectuer des travaux et que cela entraine de la co-activité. Or la co-activité n’est pas possible pour le moment.

Le PGC SPS est proposé par le coordonnateur SPS destiné en priorité au maître d’ouvrage qui peut ainsi en vérifier la qualité. C’est également un document d’autocontrôle pour le coordonnateur et une source d’informations nécessaires à la rédaction des PP SPS par les entreprises. « Ce sont trop souvent des généralités, mais vous allez vous en rendre compte lors de la visite préalable. A vous de poser des questions. Une fois que vous avez ce document, vous allez pouvoir préparer votre PP SPS », indique Laurent MARGERIDE.

C’est au coordonnateur de mettre en garde, l’architecte, le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. Il est garant par rapport à la prévention. A lui d’ intégrer le risque Covid-19.

Le PGC ne peut pas être le guide lui-même, il doit intégrer les éléments factuels du chantier : gestion de la base vie, accès au chantier… Si le chantier avait démarré avant la crise, le coordonnateur SPS doit faire un avenant Covid-19, refaire une visite, et l’entreprise artisanale doit également faire un avenant à son PP SPS.

« Les architectes n’ont pas été accompagnés, ils sont perdus. Ils sont en grande panique et ne veulent pas prendre la responsabilité. Quant au client, il a oublié qu’il y a eu deux mois d’arrêt de travail », ajoute le président.

Laurent MARGERIDE conclut par les aides financières aux entreprises qui voudraient investir dans la prévention du Covid-19 par la CPAM et la CARSAT Nouvelle-Aquitaine, et rappelle que la médecine du Travail reste un interlocuteur privilégié.

Visio (dé)conf. des Pro-actifs n° 1

Visio (dé)conf. des Pro-actifs n° 1

Visio (dé)conf. des Pro-actifs

« Assumer les contraintes, la perte de temps, le risque économique, il y a de quoi être inquiet… Nous vivons un changement sans précédent, mais comme en compétition j’aime bien gagner, cette épreuve là aussi, nous allons la gagner ! On va travailler différemment, changer nos horaires, impliquer nos salariés, s’écouter les uns les autres, mutualiser les compétences… Dans l’artisanat, nous ne sommes pas concurrents, nous sommes collègues ; plus d’humain, plus de pédagogie, ce sera le meilleur moyen pour s’en sortir. Je suis optimiste et je vous demande de l’être ».

Mercredi 13 mai, artisans et professions libérales s’étaient donnés rendez-vous pour un échange avec Marie-Christine RIBEIRO, avocate, et Philippe GAUDRIE, expert-comptable, sur une invitation de Michel DUMON et Isabelle ADAM. Le président de la CAPEB Gironde donnait ainsi le ton.

La sécurité d’abord

« La sécurité a nécessité un gros travail des organisations, et l’on ne sait pas où l’on va. Les carnets de rendez-vous sont pleins, mais beaucoup de désistements de dernière minute », selon Isabelle ADAM, présidente de l’UNEC Gironde. Pour les coiffeurs aussi, impossible de rattraper deux mois de chiffre d’affaires, des frais supplémentaires et une clientèle divisée par deux, pourtant elle aussi se veut optimiste : « il faut apprendre ensemble, recréer de l’entraide ».

Covid-19 : la sidération

La première impression unanimement partagée, c’est la sidération : « un saut dans l’inconnu », « du jamais vécu », « nous découvrons qu’une économie peut s’arrêter du jour au lendemain ».

Marie-Christine RIBEIRO évoque la nécessité d’adaptation, le besoin de souplesse et de réactivité. Elle met l’accent sur les changements de comportements dans les rapports professionnels et craint la remise en cause des accords commerciaux.

« Après la crise sanitaire, la crise économique : notre priorité à tous : sauver le plus possible d’entreprises ! Les salariés sont payés par l’État, on va revenir au temps partiel, les licenciements vont suivre, l’économie entière vient d’être placée sous perfusion », pour Philippe GAUDRIE.

Du point de vue de l’avocate, comme de celui de l’expert-comptable, la priorité réside dans la maîtrise de la trésorerie. Sans trop de trésorerie, théoriquement, on part sur un court terme. L’État a recapitalisé les entreprises via le PGE qui n’en reste pas moins une dette : dans un an, la banque reviendra vers nous pour rembourser ou en étaler le paiement. Il est urgent d’anticiper, de mettre en place des actions pour développer le chiffre d’affaires, de remobiliser la trésorerie peut-être vers de nouveaux marchés.

Ils évoquent ensuite les différents leviers, reports de charges, fonds d’urgence mis en place par les municipalités de Bordeaux ou de Libourne. Tous redoutent cependant l’augmentation des défaillances fin août, début septembre.

Leur conseil : Suivre les créances pour éviter les crédits inter-entreprises.

Eric OZOUX, assureur et vice-président de l’U2P Nouvelle-Aquitaine, signale qu’un fond régional d’urgence peut être attribué à ceux qui n’ont pas droit au PGE. Certes, « les assureurs ont été décriés, certains contrats étaient mal ficelés, mais les choses vont changer, les compagnies discutent avec l’État pour indemniser les catastrophes sanitaires comme cela a été le cas des catastrophes naturelles ».

Son conseil : Prendre contact et discuter avec son assureur.

En attendant, il est important que l’argent circule, important d’encaisser et de payer ce que nous devons pour générer de la confiance et ne pas fragiliser tout un secteur. Paradoxalement, « l’épargne des français a augmenté pendant la crise : on économise sur des salaires versés par l’Etat. L’évolution du chômage va être un indicateur », selon Philippe GAUDRIE.

Conseils aux chefs d’entreprise en grande difficulté

Anticiper et ne pas rester seul : « Il n’est pas trop tard pour s’en sortir avec le PGE, 1 ou 2 mois de trésorerie », selon Philippe GAUDRIE. Et surtout, demander de l’aide pour faire un diagnostic, car chaque entreprise est différente.

Marie-Christine RIBEIRO rappelle l’existence du mandat ad hoc, trop peu utilisé et pourtant un outil précieux pour les entreprises qui ne sont pas encore en cessation de paiements.

Leur conseil : Il y aura sans doute beaucoup de procédures, ne pas hésiter à demander des procédures urgentes. Penser au mandat ad hoc.

Justice : changer notre vision

Marie-Christine RIBEIRO s’inquiète de l’état de la justice : « les juges ont arrêté de juger, il n’y a plus de justice civile et commerciale, seulement une justice pénale, c’est un déni de justice ». Elle met l’accent sur ces entreprises qui n’ont même pas la possibilité de déposer le bilan avec toutes les conséquences que cela représente. Les juridictions ont pris beaucoup de retard. « Il va falloir changer notre vision des choses pour aller plus vite, il faut tendre vers la médiation, la conciliation, les arbitrages, pour trouver une sortie par le haut », dit-elle.

Son conseil : Éviter des discussions par ailleurs. Pour cela, réviser les contrats, remettre à jour les plannings de façon contractuelle, écrire pour mettre en place les nouveaux plannings, nouveaux calendriers, avenants, annule et remplace… Cela permettra de donner du crédit aux clients, de nouer de nouvelles relations sur la transparence et la confiance. Ne plus laisser traîner les choses !

Nous réinventer

Éviter les conflits, pédagogie, médiation, changer nos façons de penser… de nouvelles règles à inventer, ensemble, pas à pas. Salariés, fournisseurs, prestataires, partenaires, la qualité des relations entre les personnes semble prendre une importance nouvelle : « notre expert-comptable doit être un vrai partenaire, un conseil, s’il ne le fait pas, changeons ! Tous vos partenaires doivent changer, les banquiers également », dira Michel DUMON.

Réécrire nos relations professionnelles, les chefs d’entreprise eux-mêmes doivent se réinventer car nous sommes interdépendants, nous avons besoin les uns des autres… Être bien accompagné est une priorité, cela permettra, en outre, au chef d’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier. Les mentalités changent à marche forcée : la gestion des ressources humaines va devoir s’adapter car les gens n’ont plus la même approche du travail ; au niveau des embauches, les choses vont s’inverser, les conseils aussi vont devoir apprendre à travailler ensemble, selon nos intervenants.

Ce qui permettra à Michel DUMON d’annoncer une suite de visio à venir pour nos collègues qui ne pouvaient pas être présents et de conclure sur les mots d’un de nos amis : « l’équipe sera toujours plus forte que le plus fort de l’équipe ! »

 

Le mandat ad hoc : une procédure constructive

Le mandat ad hoc : une procédure constructive

Je rencontrais récemment un fournisseur avec qui j’avais été longtemps en affaires. Ravie de le croiser de nouveau, je remarquais qu’il avait perdu beaucoup de poids et m’empressais de lui demander des nouvelles de sa santé et de celle de son entreprise…

— Classique, me répondit-il, connaissez-vous les 3D, Véronique ? Dépôt de bilan, Divorce, Dépression…

QU’EST-CE QUE LE MANDAT AD HOC ?

Un mandat ad hoc est une procédure, préventive et confidentielle, de règlement amiable des difficultés, dont le but est de rétablir la situation de l’entreprise avant qu’elle ne soit en cessation de paiement. Seul le dirigeant peut demander la désignation d’un mandataire ad hoc au président du tribunal de commerce. (suite…)

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