Jean-Luc CAILLEAU, le trésorier de la CAPEB Gironde, nous a quitté le 3 juin 2020.

Bien sûr, nous savions que Jean-Luc avait vécu un burn out, mais depuis quelque temps, il allait bien, et rien ne laissait présager un départ aussi brutal. Lors d’une matinale de la CDFA, il avait témoigné de cette épreuve que peut connaître tout chef d’entreprise : trop de travail, trop de problèmes, des relations qui se dégradent, le sentiment terrible que tout vous échappe…

Au centre de sa vie, ses parents et ses deux femmes, Marilyne, son épouse adorée, et Marion, sa fille, sa perle. La CAPEB était sa deuxième maison. En octobre 2017, lorsque nous avons accompagné Robert GOINAUD, ancien président CAPEB et président du RSI, pour un dernier hommage en l’église Saint-Martial de Bordeaux, Jean-Luc, comme beaucoup d’autres, était, ce jour-là, accompagné de son père, Serges CAILLEAU, lui-même ancien CAPEB. Avec Gilles BIRAUD et Michel DUMON, cela faisait d’eux les gardiens de l’héritage.

On ne peut pas évoquer la mémoire de Jean-Luc sans parler de l’amitié, une amitié sans limite, sans jugement, comme devrait être toute amitié, pour ses amis artisans du Coutradais, du libournais, ou d’ailleurs, son amitié pour notre président Michel DUMON. Ces deux-là s’étaient rencontrés chez un fournisseur commun, ils étaient encore des adolescents lorsqu’ils participèrent à leurs premières réunions CAPEB.

De cette amitié remarquable, de ce même amour pour l’artisanat, il restera bien des combats, des moments de joie et de fête aussi. Jean-Luc, en homme du sud-ouest aimait beaucoup la fête et la convivialité. Cette même convivialité a fait les grandes heures de la section Bois, section dynamique de la CAPEB Gironde, dont il fut le président.

Mais « nul n’est prophète en son pays » : de ce dévouement à l’artisanat, ils n’ont pas toujours été récompensés. C’est à ce moment-là que je les ai rencontrés, avant les élections à la chambre des métiers, où j’ai moi-même découvert le monde de la politique économique : bassesses, trahisons, égos imbéciles, bêtise, il y avait un tel contraste entre l’humanité des deux artisans, le menuisier au grand cœur, et le petit charpentier surdoué, et cet environnement, que je leur ai spontanément proposé mes services.

« A la CAPEB, on ne fait pas de politique, sauf Jean-Luc ! ». Jean-Luc était un passionné, soit il aimait, soit il détestait, d’où cette boutade souvent entendue et qui le faisait beaucoup rire.

Jean-Luc et ses copines ! Isabelle et Marie-Claire, les coiffeuses, Annie de Terreal, Nadège de la CAPEB Creuse, plus récemment Noëlle, notre attachée de développement, qu’il accompagnait bien volontiers sur les foires et les salons, et beaucoup d’autres… Avec le coronavirus, ne plus pouvoir nous faire 4 bises, devait être un véritable déchirement.

A la veille de nous quitter, il est venu dire au-revoir à la CAPEB Gironde, il a regardé une dernière fois les tableaux qu’il a lui-même accrochés aux murs, ses œuvres, puis il est passé à la Maison de la Coiffure pour demander à Isabelle d’en prendre grand soin.

S’il est vrai que la mémoire est sélective, que l’on oublie le mauvais pour ne garder que le bon, Jean-Luc, tu resteras indéfiniment dans ma mémoire.

Véronique LAFITTE
Attachée de Communication CAPEB Gironde

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